Se taire malgré nous
Envoyé par:
sylvie (Adresse IP journalisée)
Date: jeu. 1 octobre 2009 15:52:11
Oui Macha, se taire, je sais que vous haissez ces mots... moi aussi, mais malgré moi depuis quelques temps ils sont devenus miens... je les vis, les ressens avec une très grande tristesse.
J'avais 11 ans quand j'ai perdu mon père, et juste après son enterrement je me suis tue, comme si j'avais honte... je n'osais plus en parler à personne, même pas à mon entourage... ce qui m'a valu des années de tourment et un nombre incalculable de séances de thérapie pour parvenir enfin à en parler à quelqu'un...
Je n'avais pas ressenti ce silence, cette honte depuis mes 11 ans, faut il donc que vous ayez compté pour moi, pour que je sois à votre sujet si pudique.. Je ne parle pas de vous autour de moi, je ne dis rien, comme si... j'avais oublié, ne ressentais rien, mais là tout au fond de moi reste la blessure de l'adieu, les remords, regrets, larmes, qui me détruisent peu à peu... de ne pas parler, dire que vous me manquez, que j'avais oh non jamais je n'aurai cru que vous Macha Béranger puissiez un instant être "une simple mortelle"... tout comme mon père, je vous croyais au dessus de cela, au delà des étoiles et de la mort... je me trompais... vous êtes morte, et j'ai le coeur en sang, en morceaux...
Aujourd'hui encore j'ai pensé à vous, mais cela me ferait presque sourire, car hier aussi j'ai pensé à vous, comme avant hier et avant avant hier, et tous les jours depuis votre départ... oui Macha, il n'y a pas un jour, où je n'ai pas pensé à vous... où je n'ai pas ressenti le vide de l'absence, et cette envie incessante de crier encore et encore ce "POURQUOI" qui me brule les lèvres et brise le coeur...
Est ce donc que votre "mission" sur terre était terminée ? sans doute... mais n'ont ils pas vu ces anges qui vous guidaient combien encore nous avions besoin de vous ?
Ce soir, demain, et à jamais résonnera votre voix, votre rire... et vos larmes, vous faites partie de ma vie, de moi, et j'en suis fière... même si cet amour là fait mal... je ne renierai jamais notre amitié jolie pour quelques nuits blanches et quelques boites de mouchoirs humides... sinon quelle serait la valeur de ma sincérité ?
Il fait nuit déjà, me voilà seule face à mon écran, j'aurai tant à vous dire encore comme tous les autres soirs de ma vie... et puis ce téléphone près de moi, comme j'aimerai le prendre, m'en servir... et ... dans un rêve si beau entendre cet "allo" qui me faisait chavirer le coeur... oui "allo Macha" c'est moi Sylvie... tellement inconsolable et pourtant toujours et à jamais votre fidèle ... sans-sommeil... Merci Macha